Les grands sages de ce monde ont toujours tant prêché la paix !
La guerre qui, bien loin était, très peu leur importait.
Ils ordonnaient le dialogue, préférant toujours parler,
Elevant les mots au dessus des armes. Ils croyaient
Naïvement, que grâce au doux verbe, ils s'en sortiraient.
Que sans dommages ni conséquences, ils s'en iraient.
Le dos tourné au monde, les yeux fermés, voilés à la vie,
Ils vivaient dans un songe parfait, sans nul ennemi.
Et un jour, la réalité les rattrapa, sous la forme
Perfide d'un poignard. La trahison est sa norme.
Blessés, meurtris, trahis, les grands sages étaient pris au dépourvu.
Leurs théories se heurtaient durement à l'imprévu.
L'inattendu soudain de cette réalité cruelle
Révélait aux êtres humains leurs penchants naturels.
Les plus sombres facettes de ces grands hommes que nous sommes,
Furent mises à nu et on chanta les té-deums.
Les grands sages désespérés, n'eurent d'autre alternative,
Que de tomber aussi dans le jeu de l'autre rive.
Celle où la perfidie, en reine, pervertit tous les esprits
Et rend tous les bons sentiments de simples tromperies.
Quelle désillusion ce sont faits ces quelques grands sages
Croyant le mal ici-bas simplement de passage !
Mais rapidement, heureusement, ils se reprennent assez tôt.
Ils s'étonnent d'avoir eu tellement de grands défauts.
Moment de lucidité dans l'abyme de l'inconscience,
La raison leur revient. Ils perdent vite patience.
A la hâte, ils regroupent les plus puissants, les plus vaillants,
Lèvent des armées et conquièrent au nom du tout Puissant.
Ils promettent aux soumis la liberté ! De vaines promesses
Proférées pour duper les plus pauvres en sagesse.
Ces mêmes méfaits qu'ils reprochaient aux plus fourbes inhumains,
Ils se mettaient à les commettre très souvent l'air hautain,
Un sourire aux lèvres, celui que procure la vue d'un mort.
Les voilas voleurs et assassins sans aucun remords !
Il ne reste plus rien, non, plus rien de ces grands sages d'antan !
Juste le courage dont ils usent à mauvais escient.
La raison est morte écrasée par l'avidité du pouvoir,
Ruines d'un âge ancien, tant dominé par le savoir.
Entre Grandeur et Déchéance, les sages ont fait leur choix,
La perte de la conscience n'est pour eux pas un poids.
Un jour, bientôt peut-être, Il leur fera comprendre leurs erreurs,
Alors tout s'inversera, ils seront dans le malheur.
Car Dieu, père de la nature, ne laisse rien au hasard,
S'Il leur laisse du répit, ils le connaîtront plus tard,
Ce sentiment douloureux d'une défaite trop pénible
Aux apparences d'une fin, comme dans la Bible.
Jusque là, il s'en sortent encore indemnes de leur châtiment,
Mais continuent de commettre les mêmes infractions.
Il est juste à noter que ces sages, grands maîtres de jadis,
Aujourd'hui, à la tête de nouvelles milices
Referont très certainement les mêmes immenses erreurs,
Arrêtons-les, afin que survive le doux bonheur !
Obligeons-les à baisser leurs tanks, leurs fusils, leurs matraques !
Ils ont commencé, regardez à l'est, là, vers l'Irak !